Les journaux sont-ils des sites internet comme les autres?

Difficile de ne pas avoir un pincement au coeur de nostalgie en apprenant que le Christian Science Monitor va renoncer à son édition papier pour être présent au quotiden seulement sur le Net (via un site et une édition diffusée par courrier électronique) et publier un magazine hebdomadaire.

Le quotidien de Boston reste l’une des références pour quiconque s’intéresse à l’actualité internationale. Seulement voilà, ça ne paye pas. Même pour ce quotidien qui vend surtout par abonnement et qu’on pourrait peut-être comparer à La Croix en France (pour la qualité de sa production, les convictions chrétiennes de ses fondateurs et son lectorat (supposé) fidèle).

Fin d’une époque

Le Christian Science Monitor est le premier grand quotidien à faire le grand bond vers le Net (il est présent sur le web depuis 1995, tout de même). Il ne sera pas le dernier.

Marc Andreesen qui est, entre autres choses, le fondateur de Netscape et le créateur de Ning, estime dans un entretien avec Portfolio que les journaux doivent lacher le papier et passer sur le Net s’ils veulent pouvoir reprendre l’offensive et reconquérir un lectorat.

Et un journal qui ne publie plus d’édition papier, c’est quoi? Une Net company.

Extrait de son interview à lire ci-dessous.

If you were running the New York Times, what would you do?
Shut off the print edition right now. You’ve got to play offense. You’ve got to do what Intel did in ’85 when it was getting killed by the Japanese in memory chips, which was its dominant business. And it famously killed the business—shut it off and focused on its much smaller business, microprocessors, because that was going to be the market of the future. And the minute Intel got out of playing defense and into playing offense, its future was secure. The newspaper companies have to do exactly the same thing.

The financial markets have discounted forward to the terminal conclusion for newspapers, which is basically bankruptcy. So at this point, if you’re one of these major newspapers and you shut off the printing press, your stock price would probably go up, despite the fact that you would lose 90 percent of your revenue. Then you play offense. And guess what? You’re an internet company.

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2 commentaires

  1. Le 30 octobre 2008 à 11:32 | Permalien

    Bien vu l’analogie avec Intel… Peut être plus sexy que celle que j’emploie qui se rapporte à la sidérurgie :o)

    En fait, m’est avis que les journaux ont deux options : avoir un site web ou avoir une production papier. Je ne crois pas à la coexistence des deux. Il existe des « core business » qui demandent de la concentration – au sens jus de crâne.
    Or le papier et le web sont trop différents pour être décidés par les mêmes personnes.

    Pour autant, le papier a des qualités indéniables et peut devenir un support « riche ». Non pas en ajoutant des DVD à la c…, mais via un contenu à valeur ajoutée.

  2. Le 31 octobre 2008 à 11:27 | Permalien

    @ Cédric,

    Je suis assez d’accord pour dire que ce ne sont pas les mêmes personnes (aujourd’hui en tout cas) qui peuvent manager une rédaction de média traditionnel et une rédaction web. C’est trop antagoniste par certains aspects.

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