Imaginez qu’on emprisonne Edwy Plenel et l’équipe de Mediapart. Ça se passe en Côte d’Ivoire

Les locaux du journal Le nouveau Courrier à Abidjan

[Edit: Théophile Kouamouo et ses deux confrères ont été partiellement relaxés et remis en liberté lundi 26 juillet 2010. Plus d'infos sur Rue89
http://www.rue89.com/2010/07/26/liberation-du-journaliste-theophile-kouamouo-160023 ]

Depuis vendredi, trois journalistes sont détenus à Abidjan pour « vol de document administratif ». Ils risquent de 5 à 10 ans de prison.

Leur crime: avoir publié un document judiciaire dans leur journal Le Nouveau courrier. L’AFP précise :

Le Français Théophile Kouamouo, directeur des rédactions du journal Le Nouveau courrier, ainsi que les Ivoiriens Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef, ont été déférés vendredi soir à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan pour « vol de document administratif ». [... ] Sous le titre « Le livre noir de la filière café-cacao », le quotidien privé détaillait « pillage » et « escroqueries » (remboursement de frais pour des missions à l’étranger non effectuées, financement de coopératives inexistantes, surfacturation du rachat d’une usine de chocolat aux Etats-Unis…) dont se seraient rendus coupables les barons du secteur.

Un rapport d’enquête qui met à jour des malversations dont auraient pu profiter des proches du pouvoir en place, ça ne vous rappelle rien ? C’est comme si en France, Edwy Plenel et l’ensemble de l’équipe dirigeante de Mediapart s’était retrouvé derrière les barreaux dès les premières révélations concernant l’affaire Bettencourt.

Que veut le procureur : que les journalistes dévoilent la source de leurs infos. Bien entendu, les journalistes refusent comme l’explique l’AFP.

Le procureur Tchimou, qui avait transmis récemment ses conclusions confidentielles au président Laurent Gbagbo, a exigé de connaître la source des journalistes, qu’ils ont refusé de lui révéler.

Aujourd’hui, les condition de détention des trois journalistes sont effroyables, comme en témoigne Nadine Kouamouo, la femme de Théophile, dans une interview accordée à l’Atelier des médias sur RFI

Cliquez sur l'image pour télécharger le journal en pdf

Théophile Kouamouo, journaliste-entrepreneur que j’avais interrogé à l’automne dernier à l’occasion d’un passage à Paris, a refusé la protection consulaire française (il est de nationalité française et d’origine camerounaise). La diplomatie française s’est d’ailleurs contentée du service minimum en exprimant laconiquement son attachement « au libre exercice par les journalistes de leur métier, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs dans le monde« .

Pour apprécier la situation, il faut savoir que Théophile n’a eu de cesse, sur son blog notamment, de critiquer la politique française en Afrique et la Françafrique depuis des années et notamment au plus fort de la guerre en Côte d’Ivoire. Ceci explique peut-être cela.

Comme le fait Reporters sans frontières, on ne peut qu’en appeler aujourd’hui à la libération des trois journalistes. Théophile et ses deux collègues doivent immédiatement retrouver la liberté et ne sauraient être détenus du fait d’avoir protégé leurs sources.

Pour en savoir plus:

Article très complet de Claire Ulrich sur Global Voices

Pour suivre l’évolution de la situation:

Les comptes Twitter

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Pius Njawé: la mort d’un journaliste (vidéo)

Pius Njawe aurait sans doute pu mourir en prison, il a tant de fois été arrêté pour avoir fait son métier de journaliste dans son pays le Cameroun. Il a passé des mois et des mois en détention en tant que patron-fondateur du Messager, l’un des tous premiers journaux véritablement indépendants à voir le jour en Afrique francophone.

Le destin en a voulu autrement. C’est dans un accident de la route survenu aux Etats-Unis que Pius Njawé a perdu la vie, ce lundi.

Je l’avais longuement interrogé en octobre dernier à l’occasion du 30e anniversaire du Messager. Pius Njawé était revenu sur les origines de sa vocation, sur sa carrière et sur l’avenir et la transformation de son groupe de presse en véritable groupe multimédia.

Pius Njawé dans l’Atelier des médias from Philippe Couve on Vimeo.

A lire également:

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Journaliste-multimédia en reportage: ébauche de check-list

"Round the World Travel Gear, version 1.0" (Photo: Many Moon Honeymoon via Flickr)

Après nous avoir raconté ses galères en reportage, Marion nous propose sa check-list personnelle pour reporter multimédia sur le terrain. En fin d’article, vos propres conseils. Vous pouvez ajouter les vôtres en commentaire.

Les prises

  • multiprises pour des appareils électriques (utiles pour recharger plusieurs appareils en même temps : téléphone, appareil photo, ordinateur). Vous ne savez pas dans quel confort d’hôtel vous serez et souvent les prises secteur sont éloignées les unes des autres.
  • Multiprise ou hub USB. Sur les ordinateurs portables, avez-vous remarqué que vous n’allez pas au-delà de deux prises USB ?

Les clefs

  • Clé 3G ou 3G+ avec un abonnement à un opérateur qui couvre le maximum de territoire. Attention aux tarifs qui explosent vite à l’étranger. Petites surprises dans la jungle des États-Unis ou la forêt boréale canadienne, où subitement vous n’avez plus de réseau parce que le partenaire nord-américain de votre opérateur européen n’a pas le marché de la région mais heureusement, il y a plein d’internautes pour vous aider.

Les batteries / chargeurs

  • Deux batteries pour l’appareil-photo : rien de pire que de tomber en panne au moment où vous allez prendre la photo du siècle.
  • Vérifiez que vous avez tous les chargeurs :
    • téléphone portable
    • appareil photo
    • magnétophone (ou stocks de piles)

Mémoire

  • Les cartes mémoire (cartes flash)
    • du magnétophone
    • de l’appareil photo
  • 1 clé USB

Les câbles

  • Ethernet
  • Branchement électrique de l’ordinateur (éventuellement une rallonge)

Tester bluetooth avant de partir (avec le téléphone portable ?)

L’hôtel où vous allez :

  • Wifi ou câblé ?
    • Faites-vous préciser les procédures de connexion, ça permet de tester la réalité des choses.
    • Au pire, demandez à l’hôtel s’il y a un cybercafé pas loin, faites-vous préciser le nom et vérifier les horaires d’ouverture directement.

Sur le bureau de l’ordinateur

Tous les logiciels accessibles en raccourcis sur le PC pour aller plus vite, sans oublier le raccourci pour éjecter les « éléments extérieurs » rapidement et en toute sécurité.

  • Deux navigateurs valent mieux qu’un (permet de tester les résultats)
  • Audacity pour les sons (arrangez-vous pour programmer tous les raccourcis clavier pour le montage des sons)
  • Photoshop (mémoriser les raccourcis claviers le plus possible) assurez-vous que la version que vous avez sur votre ordinateur est celle que vous connaissez.
  • Préparez des dossiers où vous stockerez vos textes, vos photos, vos sons.

Vos conseils

Pierre France

Malheureusement, il n’y a pas vraiment de check-list des outils. De mon point de vue, tous les outils que j’utilise (y compris traitement des photos, montage vidéo) sont des services en ligne. Sur mon portable, Chrome sera bientôt la seule application que je vais utiliser. Donc l’essentiel, l’indispensable, le nécessaire, c’est une connexion qui dépote. Et ça, c’est vrai qu’il faut s’en assurer et vérifier avant de partir… Il ne faut pas juste le WiFi, il faut un bon WiFi pas partagé à mille sur le même point d’accès…

Après, en offline, alors…

Galdric

Pas toujours évident en effet… pour ma part, je rédige toujours les articles même sur un bloc notes ou un Wordpad, pour éviter tout problème. J’ai un Firefox portable en secours sur clef USB avec toutes mes extensions et le flash d’installé au besoin…

[Commentaire de Philippe Couve]

La clef USB comprenant tous les logiciels nécessaires est une bonne idée. On peut signaler la Framakey (compilation de logiciels libres prêts à être utilisés)

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Journaliste multimédia en reportage: galères techniques et bouts de ficelle

Je vous propose un témoignage. Celui d’une journaliste multimédia (journaliste-shiva, diront certains) qui rentre de reportage. Marion n’était pas partie au fin fond d’un pays en guerre comme elle l’a fait souvent, mais simplement dans une grande ville de France où elle a couvert une conférence internationale. En lisant son récit, je me suis dit qu’il faisait écho à bien d’autres témoignages de problèmes techniques que j’ai entendu ces derniers temps. N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires si vous avez connu des galères similaires. Dites-nous également si vos avez des solutions.

(Photo: Cable confusion par e-magic via Flickr)

J’ai un gros coup de fatigue.

D’habitude les péripéties d’un reportage sont, certes, pénibles sur le coup, puis elles sont sujettes à des racontars, façon chasseur, et autres rigolades. Mais, là, non. Grosse fatigue.

En prélude à  ce court récit d’un reportage qui s’est déroulé dans une région française en principe développée, je dirai que j’ai une connaissance plus empirique que technique des nouvelles technologies. J’ai des comptes Flickr, Twitter et Facebook que j’alimente régulièrement avec photos, et autres petits films et je me renseigne sur la vie de ces supports quand il me reste du temps.

Premier jour. 17h. Wifi/Internet. L’hôtel annonçait sur son site qu’il proposait le wifi. Jointe au téléphone, la standardiste de l’hôtel avait confirmé. A  l’arrivée, la réceptionniste a un geste mimant la vague quand on lui demande si le wifi fonctionne
La vague se confirme. Le wifi ne fonctionne pas. Nous sommes plusieurs journalistes qui apprécions. La réceptionniste m’indique le bar adjacent à l’hôtel qui offre le wifi gratuit.

Premier jour. 19h. Mozilla/Firefox. Après les « cérémonies » traditionnelles d’accréditation qui prennent plus de temps que prévu : le courrier en pdf avec nos photos d’identité n’est pas parvenu au service de presse. Explication avancée par les agents du service : les photos d’identité « couleur » sont trop lourdes pour la boite aux lettres électronique. (Pourquoi ai-je un doute sur cette explication ?) Donc, après les « cérémonies » traditionnelles d’accréditation, je m’installe au bar, avec mon ordinateur personnel qui a un grand écran. Tout roule. La musique d’ambiance est techno/exotique. Je renouvelle ma limonade régulièrement.
A 21h, la gentille serveuse me demande si je peux plier bagage, le cours de salsa va débuter. Puis-je revenir plus tard ? Non, car c’est la fête jusqu’à 2h du matin. Elle me recommande d’utiliser le wifi du bar avec le mot de passe, depuis ma chambre d’hôtel: « certaines chambres peuvent le capter« . Vérification faite, pas la mienne. Ni les autres. Au passage, je découvre que le navigateur Mozilla n’est pas installé sur l’ordinateur de reportage qu’on m’a remis à la rédaction. J’insiste car je veux aussi travailler sur cet ordinateur. Je lance l’installation avec la clé 3G. Merci de patienter pendant le téléchargement…

(photo: Tools for the digital trade par Andrew Phelps via Flickr)

Deuxième jour. Minuit. Je vogue sur Mozilla et je veux entrer dans le backoffice du site pour lequel je travaille. Je rencontre le message « adresse indisponible ». Fatalitas. L’accès n’est pas automatique (raisons de sécurité) sur l’ordinateur portable qui m’a été prêté alors que je suis journaliste multimédia. Coup de téléphone aux techniciens. Nous faisons quelques petites manipulations ensemble, à distance. Ça ne marche pas. Je dois attendre 7h du matin pour un éventuel dépannage. Le hasard fait que je retrouve des notes dans mes bagages, prises au dernier moment en partant de chez moi, sur comment ouvrir l’accès au backoffice. Je retape le tout et l’envoie en courriel à mon partenaire technicien. Nous faisons les manipulations ensemble. Il est 1h30/2h. Il va se coucher. Pas moi. A 3h54, je suis stoppée en plein vol : la connexion avec la clé 3G est interrompue. Impossible de me reconnecter. On dort. On reprend le tout à 8h du mat’. Cela m’arrivera tout pareil dans la nuit de lundi à mardi.

Deuxième jour. 11h. Centre de presse. Aucun ordinateur venu dans les bagages des collègues techniciens n’a un accès au backoffice du site. « C’est quoi le backoffice ?«  Je reste sur mon ordinateur portable.

Deuxième jour. 18h.  Photoshop. Une vieille version sur l’ordinateur portable de la société. Les raccourcis clavier que j’utilise créent des écrans psychédéliques. Ben oui, il m’arrive de composer des photos et de dessiner des choses dans ImageReady ou Photoshop. Pas seulement de recadrer, d’alléger le poids des images pour le web. J’opte pour travailler les photos sur mon ordinateur portable qui n’a pas les mêmes nuances de couleur que le PC « maison ». On va faire dans l’à peu-près.

(Photo: Work kills me ! (Day 3) par Danny.C.Jackson via Flickr)

Troisième jour. 12h. Dalet (système de gestion de contenu audiovisuel qui équipe des télés et des radios). Un collègue a un son qui m’intéresse qu’il n’a pas pu utiliser dans la longueur. Il est beau ce son. Pourquoi ai-je voulu le monter sur mon ordinateur portable ? Message d’erreur à propos d’un certain codec erroné dans « mon » Dalet. « Qu’est-ce qui se passe ? » « J’en sais rien, répond un technicien, je ne comprends pas. Monte le son dans Dalet sur l’autre ordinateur, tu le mettras sur le bureau, puis tu le copies sur ta clé USB. Tu le récupères ensuite sur ton ordinateur portable (celui qui a un accès au backoffice) et tu en fais ce que tu veux« .
Fatalitas. Je ne suis pas dans le backoffice du site auquel j’ai collaboré durant quelques mois. Avec ce backoffice, on pouvait récupérer directement les sons « mp3″ et les intégrer.  Où avais-je la tête ? Je suis sur un autre backoffice où la chose n’est pas possible. Au bureau, on a un système de récupération automatique qui passe par le logiciel son Dalet. Le dispositif, existe-t-il sur les ordinateurs installés par les collègues? Non. « On n’a jamais eu besoin de ça« .

Un message de la rédaction  m’explique que je peux intégrer les sons via Veepeepost (service de FTP via le web) et après une petite opération, intégrer le son directement dans le backoffice. Ca fait du bien de le savoir même si je me sens un chouïa découragée.

Quatrième jour. 9h30. Je ne suis presque pas en retard dans mon planning d’articles. D’ailleurs, je suis en train de rédiger le dernier paragraphe du dernier d’entre eux. Erreur fatale. Je le fais directement dans le backoffice. J’enregistre. Oh le joli petit bonhomme en bleu porteur d’un joli petit message qui me dit qu’il est « indisponible. » Moi, pourtant, je le suis.
Au bureau, on a lancé  une nouvelle version du backoffice. D’ailleurs c’est indiqué dans un courriel. A part que lorsqu’on est sur un ordinateur portable, on n’est pas forcément connecté sur sa boîte à lettres électronique. Les 3/4 de l’article ont sauté dans le vide virtuel. Moi aussi. Je me console en débutant un autre article dans Word.

Quatrième jour. 14h. Nokia. Téléphone intelligent. J’ai reçu des photos en SMS (question qualité c’est pas bon pour le site, mais Facebook ou Twitter est moins regardant). Pas le temps de les télécharger avec Bluetooth sur mon ordinateur. Je veux les envoyer à l’adresse électronique de la rédaction. Y’a pas de connexion internet sur ce Nokia dit « général ». Ce sont les Nokia détenus par les rédactions qui possèdent un abonnement internet. La rédaction multimedia n’a pas de Nokia à elle. J’envoie les SMS avec les photos au seul numéro de iPhone que je connais. Son propriétaire pourra lui, les envoyer à une adresse électronique et on récupèrera le tout pour intégrer dans le backoffice.
J’ai de la chance. Je n’ai pas eu à utiliser le téléphone par ordinateur. Ça m’aurait évité de découvrir que mes camarades n’avaient pas payé l’abonnement et que ce service n’existait plus sur l’ordinateur.
Certains diront que je manque d’organisation. Certes. J’aurais pu gagner plusieurs heures, en me contentant d’écrire des articles dans Word, d’envoyer les photos originales dans un courriel, et tout serait fait et composé à la rédaction mère. Mais de la même façon, un reporter audio ou un journaliste vidéo monte ses sons et images, je revendique la possibilité de « monter » mes articles multimédia.

C’est décidé, je vais rédiger une check-list de tout ce dont il faut disposer avant de partir en reportage multimédia. Si vous avez des idées, elles sont les bienvenues.

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Radios généralistes sur le web: alors, ça vient ?

(Photo: georgia.g via Flickr)

[Edit 15h26: correction de l'adresse mail de Magali Lagrange]

Les sites web des radios passent souvent sous le radar de ceux qui se penchent sous les évolutions des médias vers le web. Est-ce justifié ou pas? Pas tellement quand on voit de quelle manière la NPR (National Public Radio, la radio publique américaine) a totalement repensé son offre pour le web, les smartphones et les tablettes de type iPad.

Et en France? Magali Lagrange, étudiante à l’IUT de journalisme de Tours s’est posée la question dans son mémoire de fin d’études et elle m’a interrogé sur le sujet (et je ne suis pas le seul). Elle constate que toutes les radios généralistes (ou presque) sont en train de préparer de nouvelles versions simultanément (celle de France Inter devrait être dévoilée très prochainement). Elle remarque aussi que le web est très loin d’avoir été intégré dans les modes de production de la radio (à l’exception notamment de l’Atelier des médias sur RFI :-) ).

Un travail utile pour faire le point sur l’évolution du secteur.

Pour plus d’infos, Magali Lagrange est joignable sur magali (point) lagrange (at) gmail (point) com

Les radios sur le web: sites d’info ou vitrines d’une marque?

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Et si on imaginait d’autres interfaces ? [Quentin Weisbuch / interview]

Vous ne le connaissez sans doute pas mais mon petit doigt me dit que vous entendrez parler de lui. Quentin Weisbuch est un étudiant en design (jeune diplômé de Strate College) et il a décidé de travailler pour son projet de diplôme sur le design de l’information en se penchant sur les nouveaux usages, sur de nouvelles modalités d’accès à l’information et de gestion de l’infobésité au moment où l’excitation qui entoure l’arrivée de l’iPad fait prendre conscience que le travail de réflexion sur les interfaces reste encore à faire. J’ai eu le plaisir de suivre le travail de Quentin durant les quelques mois  d’élaboration de son miroir informationnel tactile, et le mieux, c’est d’écouter ce qu’il en dit lui-même.

[vidéo indisponible pour le moment / avec mes excuses]

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Prison Valley: de la belle ouvrage

Beaucoup de bien a déjà été dit sur le webdocumentaire Prison Valley.

Que dire de plus? Qu’il n’y a pas de hasard. On retrouve une belle brochette « d’usual suspects » croisés depuis des années dans la vraie vie ou sur les réseaux.

  • David Dufresne, alias Davduf, et Philippe Brault (les deux auteurs)
  • Alexandre Brachet et toute l’équipe d’Upian (le producteur exécutif)
  • Joël Ronez et l’équipe web d’Arte France (le producteur-diffuseur)
  • Guillaume Blanchot du CNC (le premier financeur)
  • et tous les autres

On retrouve dans cette aventure qui marquera une date dans l’histoire du documentaire sur le web (et peut-être du journalisme de reportage en ligne) des bricoleurs, expérimentateurs, testeurs, inventeurs, chercheurs, innovateurs. De ceux qui ont la conviction qu’un champ immense s’ouvre devant nous et tous ceux qui veulent raconter des histoires.

Bis repetita: il n’y a pas de hasard, seulement du travail, de la détermination, du talent et la certitude qu’il y a de nouvelles aventures à mener.

Bravo les gars !

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Atelier blog: quand la formation change de forme

C’est sans doute le début d’une aventure alors que cela n’était supposé être qu’un exercice scolaire. Le blog 2h27.fr créé par un groupe d’étudiants de 1ère année de l’école de journalisme de Sciences Po Paris va continuer à vivre. Ces étudiants (9 étudiantes + 1 étudiant) que j’ai eu le plaisir d’accompagner en ont décidé ainsi. Ce qui n’était qu’un exercice prévu pour durer 12 semaines est devenu leur chose, leur média, sur lequel ils vont poursuivre le récit de leurs rencontres nocturnes (aux alentours de 2h27) et convier leurs amis, camarades de promo ou d’ailleurs à venir y poster de temps en temps.

Pour tout dire, j’en ai été un peu surpris dans un premier temps. Les semaines que nous avons passé ensemble à travailler sur ce projet de blog puis sur ce blog n’ont pas été un long fleuve tranquille. Sans entrer dans des détails qui ne concernent que le groupe, nous avons connu des affrontements (verbaux), des divergences éditoriales, des prises de bec, voire des coups de colère (je parle de moi, là). Mais au final, quelque chose s’est créé. Un quelque chose qui n’est pas simple à définir.

Ça fait un moment que je considère le blog comme un outil essentiel dans l’arsenal pédagogique pour former les jeunes journalistes (présentation Slideshare), mais je n’avais pas encore vraiment mis le doigt sur l’un de ses aspects disrupteurs pour le système de la formation classique en elle-même. Le blog modifie le format de la formation. Comment ça? L’exercice peut démarrer avec le formateur avant la première rencontre (c’est une demande exprimée par les étudiants lors de la séance de debriefing) et se poursuivre après le terme fixé, le blog continuant de vivre sa vie de blog. On retrouve en quelque sorte le schéma de Jeff Jarvis appliqué à la formation.

L’exercice du blog commence avant même la rencontre avec les étudiants et il se poursuit au-delà. Cela change la position et la posture du formateur qui n’est plus véritablement qu’un passeur. Cela change aussi la position de l’institution qui doit s’adapter à ce nouvel état de fait et se poser de nouvelles questions:

  • Quelle est la nature de ce blog une fois qu’il sort de la période d’encadrement pédagogique initiale?
  • Le rôle du formateur doit-il devenir un rôle d’accompagnateur du projet dans une nouvelle phase?
  • Les étudiants sont-ils seuls maîtres à bord de leur projet?

Je n’ai pas toutes les réponses (très peu même en fait), seulement la conviction que tout le secteur de la formation est à la veille de bouleversements auprès desquels la crise de la presse fera sans doute figure de hors d’œuvre.

Vous en pensez quoi, vous?

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Conférence « médias participatifs » à Toulouse le 29 avril

Toulouse (photo: Hemgi via Flickr)

Un rendez-vous toulousain à noter. La Bibliothèque de Toulouse organise une série de conférences autour de cette question: les médias, comment ça marche?

Je participe à la prochaine conférence en compagnie de Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89 (avec qui je collabore désormais sur les questions de formation).

Extrait du site de l’événement: Le développement d’Internet voit l’émergence de nouvelles formes d’expression et d’accès à l’information. En ligne, chacun peut accéder plus facilement et directement à l’information, jusqu’à participer à l’élaboration du contenu, comme en témoignent les blogs et sites d’information participatifs. Comment les journalistes professionnels peuvent-ils s’adapter et exploiter ce nouvel environnement numérique ? Une collaboration entre journaliste et internaute est-elle possible ? Et si oui comment cela influe t-il sur notre façon de s’informer ?
Les invités nous feront part de leurs réflexions – et de leur expérience – sur le rôle et le devenir du journaliste professionnel.

Si vous êtes dans le coin, on sera content de vous voir et de discuter avec vous. Et pourquoi pas une petite bouffe dans la foulée?

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Les qualités du community manager

Une discussion très intéressante s’est engagée au sein du groupe Community Management [fr] sur LinkedIn. La question de départ est la suivante:  au-delà des compétences, quelles sont pour vous les 5 qualités [humaines] essentielles du community manager ?

Les réponses apportées sont nombreuses et Luc Legay en a tiré un résumé sous la forme Wordle ci-contre. Je ne sais pas si ça répond à la question de départ mais ça nous dit au moins comment se voient les community managers.

Du même Luc Legay, je recommande: Comment construire une communauté, 10 conseils utiles.

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  • 2010, nouvelles aventures

    L'année et la décennie qui s'ouvrent seront (encore) marquées par des r/évolutions dans l'écosystème des médias.

    Après avoir rendu compte de ces r/évolutions dans l'Atelier des médias sur RFI, l'heure est venue pour moi d'y prendre une part (encore) plus active.

    Dans quelques semaines, je vais découvrir les plaisirs du journaliste-entrepreneur.

    Ce que je vais faire? Ce n'est pas complètement arrêté. Ce sera au croisement de l'information, de la veille, de la formation et du conseil dans le domaine des nouveaux médias.

    Peut-être aurons-nous l'occasion de travailler sur quelques projets en commun... Si ça vous dit, faites-moi signe.

    Etre informé de la suite par mail: