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Confrontés à des questions complexes dans leur processus de transition numérique, les médias, les entreprises et les organisations qui produisent du contenu doivent faire face à l’impératif d’une reconnection avec leurs audiences. Pour trouver les pistes les plus prometteuses, le recours à des méthodes innovantes est nécessaire. Le design thinking est l’une d’entre elles. Samsa.fr a voulu expérimenter en vrai grandeur avec les experts de Klap.io. Bilan: implication, engagement et créativité chez les participants.

Une trentaine de personnes ont répondu à l’appel de Samsa.fr et Klap.io pour venir participer à un atelier de design thinking autour d’une question complexe: comment rétablir la confiance dans les médias. Une soirée pour résoudre une problématique qui interroge autant les médias que leurs audiences, c’était ambitieux. Les résultats sont néanmoins là : cinq projets imaginés en un peu moins de trois heures, par les participants. La technique mise en oeuvre ? Le design thinking, une méthode de gestion de l’innovation qui fait la synthèse entre pensée analytique et pensée intuitive. Un shoot d’énergie pour la créativité de groupe.

Parmi les participants, Sophie Chauvet, doctorante chez Samsa.fr, qui vivait sa première expérience de design thinking. Elle nous raconte l’expérience de l’intérieur.

Séance de créativité design thinking

Des post-it pour chercher les moyens de renouer la confiance avec l’audience

« Quand les participants sont arrivés, personne ne se connaissait. On s’est regroupés autour de 5 tables pour discuter du sujet inquiétant ou fascinant qu’est la confiance (en berne) dans les médias.

En moins de 3 heures, des groupes de 4 à 6 participants se sont penchés sur la question, suivant pas à pas les étapes de la méthode de design thinking.

Après un rapide ice breaker où l’on découvre avec curiosité les animaux totem de chacun, on met les mains dans le cambouis. Plusieurs étapes s’enchaînent, chacune entre 2 et 15 minutes, solutions, pitch, faisabilité, pas le temps de trop réfléchir ou de s’attarder sur des détails.

On élague des dizaines de post-its avec des suggestions, pour enfin matérialiser notre idée finale en un pitch de 2 minutes présenté sur scène, avec un support créatif composé d’objets hétéroclites (une feuille, des schémas, un Lego, des roues et des yeux en plastique. »

La méthode design thinking: une question de confiance

La soirée initiée par Samsa.fr est co-animée par Thibaud & Mathieu de Klap.io. Le design thinking est leur spécialité. Ils organisent des meet-ups régulièrement à Paris, sur les sujets les plus variés. La méthode permet en théorie de s’attaquer à n’importe quel problème, et d’élaborer des solutions en un temps record. Si nous avions choisi ce thème pour la soirée, c’était à cause de son importance, mais aussi pour pousser la méthode dans ses retranchements.

Table de créativité

La créativité s’exprime concrètement.

Tout a commencé par un exposé sur l’état de la confiance des publics dans les médias – un problème mesuré depuis plus de 30 ans, avec des pics de crises… Puis l’équipe de Klap.io a pris les choses en main.

Son secret ? Enchaîner les séquences, ne pas laisser les participants souffler. Par groupe de 5 ou 6, installés autour des tables, les volontaires pour cette expérience alternent les phases de réflexion et de création, hyper concentrés, tendus vers le but qu’ils se sont fixé.

Tout est question de rythme pour passer d’une situation de départ, identifiée, à une situation d’arrivée, souhaitée. Dans le délai imparti, chaque groupe choisit d’abord son problème à résoudre, un problème auquel il s’agira de pouvoir apporter une solution concrète.

L’ambition n’est donc pas de traiter l’ensemble de la question de la confiance dans les médias, mais pour chaque groupe, une dimension précise du sujet. Sophie Chauvet raconte : « Quelle était donc notre solution pour rétablir la confiance dans les médias ? Créer une plateforme de dialogue, appelée Rosebud, faisant l’intermédiaire entre les médias et le public, et permettant d’obtenir des informations en temps réel sur les intérêts, questions, et identités du public. Si l’échange d’idées sur le sujet de la confiance était intéressant, c’est vraiment la méthode de design thinking qui m’a impressionnée. En quelques heures, de parfaits inconnus avec des profils très différents (je n’ai appris qu’à la fin la profession de mes camarades) ont réussi à s’entendre et à se mettre d’accord sur un projet commun, de façon créative, courtoise, et rapide. » Rosebud serait donc une plateforme qui permettrait de choisir les sujets en fonction des intérêts réels exprimés par l’audience. 

Créativité et engagement pour inventer les médias de demain

Les autres projets imaginés ? Un outil de « contrôle qualité » de l’information pour repérer les informations fiables, tracées, vérifiées grâce à la participation de l’audience et en assurant la traçabilité des infos. L’application s’appellerait TINTIN, pour « Trust In News, Trust In News ».

Un troisième groupe a envisagé d’impliquer les personnes âgées, « plus disponibles et plus critiques » dans la vérification des informations. Le dernier groupe, dans un esprit assez proche, a imaginé un site d' »avis vérifiés » de l’information. Comme on le voit, la question de la vérification et de la crédibilité de l’information est au cœur de trois des solutions imaginées. Et ces trois solutions reposent chacune sur une relation plus étroite avec une audience capable d’interagir avec les médias.

Ce que nous en retenons chez Samsa.fr ? Nous avons été frappé par l’intensité de l’engagement. Le sujet et la méthode se combinent pour créer un sentiment fort d’implication et d’engagement pour des participants manifestement tous concernés par le thème de la soirée.

Nous avons la conviction que la méthode peut porter ses fruits, notamment dans le cadre de séminaires ou de formations à la créativité, notamment la créativité éditoriale. La plupart des participants sont repartis conquis et finalement épatés de s’être autant impliqués dans l’exercice. Au delà des solutions envisagées dans ce court laps de temps, la qualité des échanges et l’énergie mise à chercher des idées en commun auront laissé des traces dans les esprits et semé les graines d’une réinvention possible en mobilisant toutes les énergies..