Lancement ce 17 juillet 2014 à Nairobi du routeur BRCK. Conçu dans la capitale kenyane, il peut apporter internet dans les zones les plus reculées avec une autonomie électrique de 8 heures dans le cadre d’une utilisation maximale (20 personnes ou objets connectés à internet simultanément). Vendu 199 dollars, BRCK est une nouvelle start-up née au iHub, le coeur de la « Silicon Valley africaine ».

Erik Hersman présente le BRCK dans les locaux de la start-up à Nairobi (photo: Philippe Couve)

Erik Hersman présente le BRCK dans les locaux de la start-up à Nairobi le 17 juillet 2014 alors que les premiers exemplaires sont envoyés aux tous premeirs clients. (photo: Philippe Couve)

Ce 17 juillet 2014 à Nairobi marquera peut-être une date historique pour l’internet en Afrique et dans les régions sous-connectées. C’est aujourd’hui que les tous premiers BRCK ont commencé à être expédiés à leurs premiers acheteurs. Les BRCK (prononcez « Brick ») sont des « trucs » en forme de brique (d’où leur nom) pour connecter des gens et des choses même quand il n’y a pas d’électricité. Au premier abord, c’est un bloc de plastique résistant à la pluie, à la poussière et à la chaleur avec des prises (USB, ethernet, carte SIM et prise d’antenne RP-SMA) protégées par des sortes de capuchons en caoutchouc. Sous le BRCK, on trouve également un port GPIO qui permet, par exemple, de connecter des extensions à base d’Arduino.

Une autonomie électrique d’au moins 8 heures

Une fois chargé électriquement, un BRCK peut fonctionner pendant 8 heures sans électricité pour devenir un hotspot wifi n’importe où pourvu qu’une connection 3G ou 4G soit disponible. En quelque sorte, on pourrait le qualifier de clef 3G tropicalisée sous stéroïdes (les specs techniques).

BRCK est un petit boîtier en plastique, de la taille d’une brique. Ce cube est portatif, résistant, facile à transporter, et permet de se connecter à internet en wifi, 3G et même 4G (le système choisit la configuration la plus satisfaisante) où que l’on se trouve sur la planète. Il suffit d’y insérer une carte SIM pour que 20 appareils puissent se connecter à son réseau. Il est équipé d’une batterie d’une autonomie de 8 heures.
[Source: Netexplo]

A l’origine de BRCK, on trouve la même équipe que pour Ushahidi et notamment Erk Hersmann connu comme @whiteafrican. Basé au sein du iHub de Nairobi qu’ils ont inventé (je reviendrai dans quelques jours sur l’originalité de cet endroit qui contribue à faire de la capitale du Kenya une véritable « Silicon Valley africaine »), les fondateurs ont réuni plus de 170 000 dollars pour leur projet sur Kickstarter avant de lever 1,2 million de dollars pour la start-up qu’ils ont montée pour ce projet.

Les entreprises d’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) subissent en moyenne 56 jours de délestage par an (source: banque mondiale)

L’idée du BRCK est venue à Erik Hersman au retour d’une conférence en Afrique du Sud. Lui, l’Africain blanc, élevé entre le Kenya et le Soudan, regagnait son domicile de Nairobi quand il s’est mis à dessiner dans l’avion, ce qui allait devenir le BRCK. Destiné aux zones les plus reculées du continent, celles qui n’ont pas d’accès à l’électricité, le BRCK devrait également trouver des clients dans les grandes villes africaines où les délestages électriques durent souvent de longues heures chaque jour. Pour l’Afrique de l’Est, les chiffres officiels indiquent que 90% des écoles et 30% des hôpitaux n’ont pas accès au réseau électrique. Par ailleurs, un quart seulement des habitants des pays en développement ont accès à internet (plus d’info sur les délestages en Afrique).

Avant d'en arriver à la version 1 qui commence à être commercialisée ce 17 juillet, le BRCK a évolué au fil de nombreux prototypes (Photo: Philippe Couve)

Avant d’en arriver à la version 1 qui commence à être commercialisée ce 17 juillet, le BRCK a évolué au fil de nombreux prototypes (Photo: Philippe Couve)

Devenue une start-up d’une dizaine de personnes, BRCK a développé l’idée initiale et élaboré une série de prototypes avant d’en arriver à la version 1 qui est commercialisée aujourd’hui. Les composants, viennent d’Asie; l’assemblage est réalisé aux Etats-Unis et la conception se fait en Afrique. « Nous sommes un vrai produit de la mondialisation », lance en riant Erik Hersman.

Le BRCK est également ouvert pour l’installation de dispositifs complémentaires notamment à base d’Arduino (des premiers test ont été effectués avec des stations météo mais des services de géolocalisation, où d’identification par empreinte digitale sont également envisagés pour des usages à inventer).

Pour BRCK, le chantier et l’aventure ne font que commencer. Chacun est convaincu ici que si ça marche en Afrique, alors ça marchera n’importe où ailleurs.

 

Une partie de l'équipe de BRCK dans les locaux de la start-up à Nairobi au sein de l'immeuble qui abrite le iHub. (Photo: Philippe Couve)

Une partie de l’équipe de BRCK dans les locaux de la start-up à Nairobi au sein de l’immeuble qui abrite le iHub. (Photo: Philippe Couve)

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Fondateur de Samsa.fr, Philippe Couve est journaliste, consultant spécialiste des stratégies éditoriales pluri-média, formateur et expérimentateur sur le web depuis 1997. Philippe Couve accompagne les organisations dans leur mutation numérique. Il intervient en France, en Europe et en Afrique.

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