C’est précisément le jour où je choisis de parler aux étudiants de l’école de journalisme de Sciences Po Paris de l’évolution de la notion d’information et d’un questionnement sur les fondements de la valeur de l’info que l’actualité me rattrape. Les attentats de Bombay ou Mumbai donnent l’occasion de voir en temps réel le nouvel écosystème de l’information fonctionner à plein rendement.

L’occasion également de constater que même pour de futurs journalistes de 22/23 ans, rien de tout cela n’est forcément évident.

Au centre de cet écosystème, pour un événement de ce genre, on trouve Twitter. Cet outil de micro-blogging nécessite peut-être encore une présentation. La vidéo ci-dessous est très bien faite (et en anglais)

Twitter donc et précisément Twitter #Mumbai a été la source la plus rapide et riche en informations concernant les attentats de Bombay ou Mumbai, riche également en bruits et en rumeurs.

Laurent Suply, du Figaro.fr, estime que Twitter est désormais indispensable. Le jouraliste de permanence qu’il était ce soir-là a constaté: « Rien, à ma connaissance, ne va sur cette Terre plus vite que Twitter. Ni moi, ni les télés, ni les agences. […] De nombreuses infos (la revendication, les flammes du Taj, etc…) étaient donc sur lefigaro.fr avant d’arriver sur les fils d’agences. Uniquement grâce à Twitter. » Il ajoute que « c’est très touffu. Une mosaïque d’infos parcellaires qui se développe en direct de façon assez anarchique, et qu’il faut donc recomposer. Avec des dizaines de messages par seconde, ce n’est pas forcément évident. »

Pour sa part, Pascal Taillandier de l’AFP considère que Twitter est un média: « Lors d’un événement mondial qui surgit en breaking news et qui ne cesse d’évoluer, Twitter devient un véritable canal d’informations en direct, un média. »

Après réflexion, j’estime que Twitter n’est pas un média. Twitter est une source de sources. Très utile donc, même indispensable pour les journalistes sur ce type d’événement.

Alain Joannès ne partage pas cet avis. Pour lui, le bruit l’emporte sur le reste. Et vous?