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Sites d’info: qui a la plus longue ?

[Edit 16h27: ajout de Marianne2.fr]

Il est loin le temps où certains gourous du web expliquaient doctement que la bonne longueur pour une page web, c’était « 2 écrans » ou 3 ou un autre chiffre. Les sites d’infos ont des pages (et notamment des pages d’accueil) de plus en plus longues. Quelques captures effectuées ce matin (ci-dessous) nous révèlent qui a la plus longue entre 20minutes, Le Monde, Rue89, LePost, L’Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Mediapart, Bakchich, Le Figaro, Slate, Liberation, L’Humanité, La Croix.

Les pages les plus longues sont-elles les plus efficaces en terme de référencement ? et en terme de navigation pour l’utilisateur ? A votre avis ?

[agenda] La conférence nationale des métiers du journalisme 29-30 septembre 2010

A noter sur vos tablettes, pour ceux/celles que les questions de formation intéressent. la 1ere Conférence nationale des métiers du journalisme (initiée dans la foulée des états généraux de la presse écrite) se tient à Paris les 29 et 30 septembre. Il y a même un site web (cnmj.fr) avec le programme complet des débats.

Une jeune journaliste raconte comment les 20/30 ans voient le travail

Ce billet est également publié sur le blog Choses vues de Emery Doligé (merci pour l’invitation)

J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

Paul Nizan, Aden Arabie, 1931

Je ne connais pas Rebekah Monson. Je sais ce que je lis d’elle sur son blog: c’est une jeune journaliste; elle est américaine; elle n’est pas encore trentenaire; et elle est une parfaite représentante de la génération Y, celle dont on scrute les pratiques parce qu’il s’agit de la première génération digitale.

Sur son blog, elle vient de publier un post qui tente de nous faire comprendre à nous (quarantenaires et plus) ce qui anime sa génération. Twentysomething: How my generation works est passionnant.

En voici quelques extraits (c’est une adaptation plus qu’une traduction).

  • Vous devez comprendre que nous ne démarrons pas dans la vie avec une attitude très positive. Au cours de nos courtes carrières, nous avons déjà été licenciés ou au moins nous avons eu peur de l’être. Nous avons vu nos parents confrontés à des plans sociaux et virés par des entreprises qu’ils avaient contribué à développer. Nous ne sommes pas parvenus à obtenir un boulot après avoir fait ce qu’on nous avait conseillé de faire -des études, des stages, du bénévolat, du tutorat, etc.
  • Les chefs d’entreprise nous ont bien fait comprendre que personne dans notre génération n’aurait une Rolex. Nous n’avons aucune illusion sur ce point. Beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à obtenir une rémunération de survie et personne ne croit que les choses vont s’améliorer.
  • Pourquoi ferions nous du travail une priorité dans nos vies quand il est impossible de se projeter dans une carrière à long terme?
  • Personne dans ma génération ne pense que les patrons manifestent le moindre intérêt pour nous en tant qu’êtres humains. Nous acceptons d’être des chiffres dans une feuille Excel mais qu’on ne nous demande pas d’aimer ça.
  • Beaucoup d’entre nous vivent chez leurs parents qui luttent eux-mêmes pour survivre avec des salaires de misère. Nous se savons pas comment nous pourrons un jour faire vivre une famille ou acheter un logement tant que nous ne pourrons pas décrocher un travail avec un vrai salaire.
  • Beaucoup de choses nous enthousiasment, mais elles n’existent pas dans l’univers de l’entreprise. Nous communiquons en permanence. Nous adorons collaborer. Nous sommes dingues de données. Beaucoup d’entre nous sont imprégnés d’envie d’entreprendre.
  • Nous développons des projets en marge de l’entreprise et nous ne vous en parlons pas de crainte de nous faire virer.
  • Nos amitiés sont solides et vraiment profondes. Nous considérons nos amis proches comme notre famille et la famille est d’une grande importance pour nous. Nous donnons notre temps et notre énergie à des causes dans lesquelles nous croyons. Nous partageons. Et nous attendons des entreprises qui nous emploient qu’elles fassent de même.
  • Nous travaillons et nous attendons. Nous travaillons et nous attendons que nos projets menés en marge deviennent nos projets principaux. Nous travaillons et nous attendons que vous preniez votre retraite pour qu’il y ait de l’argent et des postes disponibles pour nous permettre de « grandir ». Nous travaillons et nous attendons de pouvoir changer les choses en accord avec nos valeurs.
  • Non, nous ne voulons pas ce que vous avez, pas plus que vous ne vouliez ce qu’avaient vos parents. Nous ne voulons pas passer notre vie perpétuellement surmenés comme les esclaves d’une entreprise qui ne nous considère même pas. Nous ne voulons pas être mal mariés et vivre dans des pavillons. Pas plus que vous à notre âge. Bien sûr, cela arrivera à certains d’entre nous et peut-être à la plupart d’entre nous. Mais, aujourd’hui, nous espérons y échapper.

L’auteur est donc une jeune journaliste (elle annonce 7 ans d’expérience sur son CV).

Je termine la lecture de ce témoignage avec une drôle d’impression à quelques jours de ma rentrée « scolaire » devant de jeunes étudiants en journalisme. Je me demande si je ne vais pas commencer l’année en leur faisant lire et commenter ce témoignage.  Autant qu’ils sachent, non?

[Photo: Steve Snodgrass via Flickr ]

Ça bouge pas mal (finalement) chez les journalistes français

Tout est parti d’une rencontre aujourd’hui hier avec trois journalistes qui sollicitaient mon avis sur leur projet de création d’une sorte d’agence de presse nouvelle manière pour produire des sujets d’enquête journalistique d’intérêt public que les médias ne traitent pas (plus?) Une rencontre passionnée, passionnante, comme j’en ai beaucoup en ce moment avec des porteurs de projets. Une rencontre qui m’a fait penser que finalement, les journalistes français ne gardent pas les deux pieds dans la même charentaise.

(Photo: fabbricuise via Flickr)

Si on fait la liste des nouveaux médias ou agences apparus ces dernières années (disons depuis 2006/2007) à l’initiative de journalistes et sans l’appui de groupes de presse importants, elle est assez longue (et j’espère que vous m’aiderez à la compléter).

EDIT [ajout OWNI, création catégorie "avant 2006", changement de date pour Terra Eco, ajout DecideursTV, ajout Citizenside, ajout Le Tigre, ajout Causette, ajout Yagg, ajout Siné hebdo, ajout Vendredi, ajout StreetPress, ajout Mag IT, ajout Collaboratif.info, ajout le75020.fr, ajout l'interview, ajout lecourant.info, ajout Cafebabel.com]

Sites généralistes

Sites spécialisés

Magazines papier

Boîtes de prod multimédia

Avant 2006

Apparus et disparus

Aidez-moi à compléter cette liste dans les commentaires.

Imaginez qu’on emprisonne Edwy Plenel et l’équipe de Mediapart. Ça se passe en Côte d’Ivoire

Les locaux du journal Le nouveau Courrier à Abidjan

[Edit: Théophile Kouamouo et ses deux confrères ont été partiellement relaxés et remis en liberté lundi 26 juillet 2010. Plus d'infos sur Rue89
http://www.rue89.com/2010/07/26/liberation-du-journaliste-theophile-kouamouo-160023 ]

Depuis vendredi, trois journalistes sont détenus à Abidjan pour « vol de document administratif ». Ils risquent de 5 à 10 ans de prison.

Leur crime: avoir publié un document judiciaire dans leur journal Le Nouveau courrier. L’AFP précise :

Le Français Théophile Kouamouo, directeur des rédactions du journal Le Nouveau courrier, ainsi que les Ivoiriens Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef, ont été déférés vendredi soir à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan pour « vol de document administratif ». [... ] Sous le titre « Le livre noir de la filière café-cacao », le quotidien privé détaillait « pillage » et « escroqueries » (remboursement de frais pour des missions à l’étranger non effectuées, financement de coopératives inexistantes, surfacturation du rachat d’une usine de chocolat aux Etats-Unis…) dont se seraient rendus coupables les barons du secteur.

Un rapport d’enquête qui met à jour des malversations dont auraient pu profiter des proches du pouvoir en place, ça ne vous rappelle rien ? C’est comme si en France, Edwy Plenel et l’ensemble de l’équipe dirigeante de Mediapart s’était retrouvé derrière les barreaux dès les premières révélations concernant l’affaire Bettencourt.

Que veut le procureur : que les journalistes dévoilent la source de leurs infos. Bien entendu, les journalistes refusent comme l’explique l’AFP.

Le procureur Tchimou, qui avait transmis récemment ses conclusions confidentielles au président Laurent Gbagbo, a exigé de connaître la source des journalistes, qu’ils ont refusé de lui révéler.

Aujourd’hui, les condition de détention des trois journalistes sont effroyables, comme en témoigne Nadine Kouamouo, la femme de Théophile, dans une interview accordée à l’Atelier des médias sur RFI

Cliquez sur l'image pour télécharger le journal en pdf

Théophile Kouamouo, journaliste-entrepreneur que j’avais interrogé à l’automne dernier à l’occasion d’un passage à Paris, a refusé la protection consulaire française (il est de nationalité française et d’origine camerounaise). La diplomatie française s’est d’ailleurs contentée du service minimum en exprimant laconiquement son attachement « au libre exercice par les journalistes de leur métier, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs dans le monde« .

Pour apprécier la situation, il faut savoir que Théophile n’a eu de cesse, sur son blog notamment, de critiquer la politique française en Afrique et la Françafrique depuis des années et notamment au plus fort de la guerre en Côte d’Ivoire. Ceci explique peut-être cela.

Comme le fait Reporters sans frontières, on ne peut qu’en appeler aujourd’hui à la libération des trois journalistes. Théophile et ses deux collègues doivent immédiatement retrouver la liberté et ne sauraient être détenus du fait d’avoir protégé leurs sources.

Pour en savoir plus:

Article très complet de Claire Ulrich sur Global Voices

Pour suivre l’évolution de la situation:

Les comptes Twitter

Pius Njawé: la mort d’un journaliste (vidéo)

Pius Njawe aurait sans doute pu mourir en prison, il a tant de fois été arrêté pour avoir fait son métier de journaliste dans son pays le Cameroun. Il a passé des mois et des mois en détention en tant que patron-fondateur du Messager, l’un des tous premiers journaux véritablement indépendants à voir le jour en Afrique francophone.

Le destin en a voulu autrement. C’est dans un accident de la route survenu aux Etats-Unis que Pius Njawé a perdu la vie, ce lundi.

Je l’avais longuement interrogé en octobre dernier à l’occasion du 30e anniversaire du Messager. Pius Njawé était revenu sur les origines de sa vocation, sur sa carrière et sur l’avenir et la transformation de son groupe de presse en véritable groupe multimédia.

Pius Njawé dans l’Atelier des médias from Philippe Couve on Vimeo.

A lire également:

Journaliste-multimédia en reportage: ébauche de check-list

"Round the World Travel Gear, version 1.0" (Photo: Many Moon Honeymoon via Flickr)

Après nous avoir raconté ses galères en reportage, Marion nous propose sa check-list personnelle pour reporter multimédia sur le terrain. En fin d’article, vos propres conseils. Vous pouvez ajouter les vôtres en commentaire.

Les prises

  • multiprises pour des appareils électriques (utiles pour recharger plusieurs appareils en même temps : téléphone, appareil photo, ordinateur). Vous ne savez pas dans quel confort d’hôtel vous serez et souvent les prises secteur sont éloignées les unes des autres.
  • Multiprise ou hub USB. Sur les ordinateurs portables, avez-vous remarqué que vous n’allez pas au-delà de deux prises USB ?

Les clefs

  • Clé 3G ou 3G+ avec un abonnement à un opérateur qui couvre le maximum de territoire. Attention aux tarifs qui explosent vite à l’étranger. Petites surprises dans la jungle des États-Unis ou la forêt boréale canadienne, où subitement vous n’avez plus de réseau parce que le partenaire nord-américain de votre opérateur européen n’a pas le marché de la région mais heureusement, il y a plein d’internautes pour vous aider.

Les batteries / chargeurs

  • Deux batteries pour l’appareil-photo : rien de pire que de tomber en panne au moment où vous allez prendre la photo du siècle.
  • Vérifiez que vous avez tous les chargeurs :
    • téléphone portable
    • appareil photo
    • magnétophone (ou stocks de piles)

Mémoire

  • Les cartes mémoire (cartes flash)
    • du magnétophone
    • de l’appareil photo
  • 1 clé USB

Les câbles

  • Ethernet
  • Branchement électrique de l’ordinateur (éventuellement une rallonge)

Tester bluetooth avant de partir (avec le téléphone portable ?)

L’hôtel où vous allez :

  • Wifi ou câblé ?
    • Faites-vous préciser les procédures de connexion, ça permet de tester la réalité des choses.
    • Au pire, demandez à l’hôtel s’il y a un cybercafé pas loin, faites-vous préciser le nom et vérifier les horaires d’ouverture directement.

Sur le bureau de l’ordinateur

Tous les logiciels accessibles en raccourcis sur le PC pour aller plus vite, sans oublier le raccourci pour éjecter les « éléments extérieurs » rapidement et en toute sécurité.

  • Deux navigateurs valent mieux qu’un (permet de tester les résultats)
  • Audacity pour les sons (arrangez-vous pour programmer tous les raccourcis clavier pour le montage des sons)
  • Photoshop (mémoriser les raccourcis claviers le plus possible) assurez-vous que la version que vous avez sur votre ordinateur est celle que vous connaissez.
  • Préparez des dossiers où vous stockerez vos textes, vos photos, vos sons.

Vos conseils

Pierre France

Malheureusement, il n’y a pas vraiment de check-list des outils. De mon point de vue, tous les outils que j’utilise (y compris traitement des photos, montage vidéo) sont des services en ligne. Sur mon portable, Chrome sera bientôt la seule application que je vais utiliser. Donc l’essentiel, l’indispensable, le nécessaire, c’est une connexion qui dépote. Et ça, c’est vrai qu’il faut s’en assurer et vérifier avant de partir… Il ne faut pas juste le WiFi, il faut un bon WiFi pas partagé à mille sur le même point d’accès…

Après, en offline, alors…

Galdric

Pas toujours évident en effet… pour ma part, je rédige toujours les articles même sur un bloc notes ou un Wordpad, pour éviter tout problème. J’ai un Firefox portable en secours sur clef USB avec toutes mes extensions et le flash d’installé au besoin…

[Commentaire de Philippe Couve]

La clef USB comprenant tous les logiciels nécessaires est une bonne idée. On peut signaler la Framakey (compilation de logiciels libres prêts à être utilisés)

Journaliste multimédia en reportage: galères techniques et bouts de ficelle

Je vous propose un témoignage. Celui d’une journaliste multimédia (journaliste-shiva, diront certains) qui rentre de reportage. Marion n’était pas partie au fin fond d’un pays en guerre comme elle l’a fait souvent, mais simplement dans une grande ville de France où elle a couvert une conférence internationale. En lisant son récit, je me suis dit qu’il faisait écho à bien d’autres témoignages de problèmes techniques que j’ai entendu ces derniers temps. N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires si vous avez connu des galères similaires. Dites-nous également si vos avez des solutions.

(Photo: Cable confusion par e-magic via Flickr)

J’ai un gros coup de fatigue.

D’habitude les péripéties d’un reportage sont, certes, pénibles sur le coup, puis elles sont sujettes à des racontars, façon chasseur, et autres rigolades. Mais, là, non. Grosse fatigue.

En prélude à  ce court récit d’un reportage qui s’est déroulé dans une région française en principe développée, je dirai que j’ai une connaissance plus empirique que technique des nouvelles technologies. J’ai des comptes Flickr, Twitter et Facebook que j’alimente régulièrement avec photos, et autres petits films et je me renseigne sur la vie de ces supports quand il me reste du temps.

Premier jour. 17h. Wifi/Internet. L’hôtel annonçait sur son site qu’il proposait le wifi. Jointe au téléphone, la standardiste de l’hôtel avait confirmé. A  l’arrivée, la réceptionniste a un geste mimant la vague quand on lui demande si le wifi fonctionne
La vague se confirme. Le wifi ne fonctionne pas. Nous sommes plusieurs journalistes qui apprécions. La réceptionniste m’indique le bar adjacent à l’hôtel qui offre le wifi gratuit.

Premier jour. 19h. Mozilla/Firefox. Après les « cérémonies » traditionnelles d’accréditation qui prennent plus de temps que prévu : le courrier en pdf avec nos photos d’identité n’est pas parvenu au service de presse. Explication avancée par les agents du service : les photos d’identité « couleur » sont trop lourdes pour la boite aux lettres électronique. (Pourquoi ai-je un doute sur cette explication ?) Donc, après les « cérémonies » traditionnelles d’accréditation, je m’installe au bar, avec mon ordinateur personnel qui a un grand écran. Tout roule. La musique d’ambiance est techno/exotique. Je renouvelle ma limonade régulièrement.
A 21h, la gentille serveuse me demande si je peux plier bagage, le cours de salsa va débuter. Puis-je revenir plus tard ? Non, car c’est la fête jusqu’à 2h du matin. Elle me recommande d’utiliser le wifi du bar avec le mot de passe, depuis ma chambre d’hôtel: « certaines chambres peuvent le capter« . Vérification faite, pas la mienne. Ni les autres. Au passage, je découvre que le navigateur Mozilla n’est pas installé sur l’ordinateur de reportage qu’on m’a remis à la rédaction. J’insiste car je veux aussi travailler sur cet ordinateur. Je lance l’installation avec la clé 3G. Merci de patienter pendant le téléchargement…

(photo: Tools for the digital trade par Andrew Phelps via Flickr)

Deuxième jour. Minuit. Je vogue sur Mozilla et je veux entrer dans le backoffice du site pour lequel je travaille. Je rencontre le message « adresse indisponible ». Fatalitas. L’accès n’est pas automatique (raisons de sécurité) sur l’ordinateur portable qui m’a été prêté alors que je suis journaliste multimédia. Coup de téléphone aux techniciens. Nous faisons quelques petites manipulations ensemble, à distance. Ça ne marche pas. Je dois attendre 7h du matin pour un éventuel dépannage. Le hasard fait que je retrouve des notes dans mes bagages, prises au dernier moment en partant de chez moi, sur comment ouvrir l’accès au backoffice. Je retape le tout et l’envoie en courriel à mon partenaire technicien. Nous faisons les manipulations ensemble. Il est 1h30/2h. Il va se coucher. Pas moi. A 3h54, je suis stoppée en plein vol : la connexion avec la clé 3G est interrompue. Impossible de me reconnecter. On dort. On reprend le tout à 8h du mat’. Cela m’arrivera tout pareil dans la nuit de lundi à mardi.

Deuxième jour. 11h. Centre de presse. Aucun ordinateur venu dans les bagages des collègues techniciens n’a un accès au backoffice du site. « C’est quoi le backoffice ?«  Je reste sur mon ordinateur portable.

Deuxième jour. 18h.  Photoshop. Une vieille version sur l’ordinateur portable de la société. Les raccourcis clavier que j’utilise créent des écrans psychédéliques. Ben oui, il m’arrive de composer des photos et de dessiner des choses dans ImageReady ou Photoshop. Pas seulement de recadrer, d’alléger le poids des images pour le web. J’opte pour travailler les photos sur mon ordinateur portable qui n’a pas les mêmes nuances de couleur que le PC « maison ». On va faire dans l’à peu-près.

(Photo: Work kills me ! (Day 3) par Danny.C.Jackson via Flickr)

Troisième jour. 12h. Dalet (système de gestion de contenu audiovisuel qui équipe des télés et des radios). Un collègue a un son qui m’intéresse qu’il n’a pas pu utiliser dans la longueur. Il est beau ce son. Pourquoi ai-je voulu le monter sur mon ordinateur portable ? Message d’erreur à propos d’un certain codec erroné dans « mon » Dalet. « Qu’est-ce qui se passe ? » « J’en sais rien, répond un technicien, je ne comprends pas. Monte le son dans Dalet sur l’autre ordinateur, tu le mettras sur le bureau, puis tu le copies sur ta clé USB. Tu le récupères ensuite sur ton ordinateur portable (celui qui a un accès au backoffice) et tu en fais ce que tu veux« .
Fatalitas. Je ne suis pas dans le backoffice du site auquel j’ai collaboré durant quelques mois. Avec ce backoffice, on pouvait récupérer directement les sons « mp3″ et les intégrer.  Où avais-je la tête ? Je suis sur un autre backoffice où la chose n’est pas possible. Au bureau, on a un système de récupération automatique qui passe par le logiciel son Dalet. Le dispositif, existe-t-il sur les ordinateurs installés par les collègues? Non. « On n’a jamais eu besoin de ça« .

Un message de la rédaction  m’explique que je peux intégrer les sons via Veepeepost (service de FTP via le web) et après une petite opération, intégrer le son directement dans le backoffice. Ca fait du bien de le savoir même si je me sens un chouïa découragée.

Quatrième jour. 9h30. Je ne suis presque pas en retard dans mon planning d’articles. D’ailleurs, je suis en train de rédiger le dernier paragraphe du dernier d’entre eux. Erreur fatale. Je le fais directement dans le backoffice. J’enregistre. Oh le joli petit bonhomme en bleu porteur d’un joli petit message qui me dit qu’il est « indisponible. » Moi, pourtant, je le suis.
Au bureau, on a lancé  une nouvelle version du backoffice. D’ailleurs c’est indiqué dans un courriel. A part que lorsqu’on est sur un ordinateur portable, on n’est pas forcément connecté sur sa boîte à lettres électronique. Les 3/4 de l’article ont sauté dans le vide virtuel. Moi aussi. Je me console en débutant un autre article dans Word.

Quatrième jour. 14h. Nokia. Téléphone intelligent. J’ai reçu des photos en SMS (question qualité c’est pas bon pour le site, mais Facebook ou Twitter est moins regardant). Pas le temps de les télécharger avec Bluetooth sur mon ordinateur. Je veux les envoyer à l’adresse électronique de la rédaction. Y’a pas de connexion internet sur ce Nokia dit « général ». Ce sont les Nokia détenus par les rédactions qui possèdent un abonnement internet. La rédaction multimedia n’a pas de Nokia à elle. J’envoie les SMS avec les photos au seul numéro de iPhone que je connais. Son propriétaire pourra lui, les envoyer à une adresse électronique et on récupèrera le tout pour intégrer dans le backoffice.
J’ai de la chance. Je n’ai pas eu à utiliser le téléphone par ordinateur. Ça m’aurait évité de découvrir que mes camarades n’avaient pas payé l’abonnement et que ce service n’existait plus sur l’ordinateur.
Certains diront que je manque d’organisation. Certes. J’aurais pu gagner plusieurs heures, en me contentant d’écrire des articles dans Word, d’envoyer les photos originales dans un courriel, et tout serait fait et composé à la rédaction mère. Mais de la même façon, un reporter audio ou un journaliste vidéo monte ses sons et images, je revendique la possibilité de « monter » mes articles multimédia.

C’est décidé, je vais rédiger une check-list de tout ce dont il faut disposer avant de partir en reportage multimédia. Si vous avez des idées, elles sont les bienvenues.

Prison Valley: de la belle ouvrage

Beaucoup de bien a déjà été dit sur le webdocumentaire Prison Valley.

Que dire de plus? Qu’il n’y a pas de hasard. On retrouve une belle brochette « d’usual suspects » croisés depuis des années dans la vraie vie ou sur les réseaux.

  • David Dufresne, alias Davduf, et Philippe Brault (les deux auteurs)
  • Alexandre Brachet et toute l’équipe d’Upian (le producteur exécutif)
  • Joël Ronez et l’équipe web d’Arte France (le producteur-diffuseur)
  • Guillaume Blanchot du CNC (le premier financeur)
  • et tous les autres

On retrouve dans cette aventure qui marquera une date dans l’histoire du documentaire sur le web (et peut-être du journalisme de reportage en ligne) des bricoleurs, expérimentateurs, testeurs, inventeurs, chercheurs, innovateurs. De ceux qui ont la conviction qu’un champ immense s’ouvre devant nous et tous ceux qui veulent raconter des histoires.

Bis repetita: il n’y a pas de hasard, seulement du travail, de la détermination, du talent et la certitude qu’il y a de nouvelles aventures à mener.

Bravo les gars !

Atelier blog: quand la formation change de forme

C’est sans doute le début d’une aventure alors que cela n’était supposé être qu’un exercice scolaire. Le blog 2h27.fr créé par un groupe d’étudiants de 1ère année de l’école de journalisme de Sciences Po Paris va continuer à vivre. Ces étudiants (9 étudiantes + 1 étudiant) que j’ai eu le plaisir d’accompagner en ont décidé ainsi. Ce qui n’était qu’un exercice prévu pour durer 12 semaines est devenu leur chose, leur média, sur lequel ils vont poursuivre le récit de leurs rencontres nocturnes (aux alentours de 2h27) et convier leurs amis, camarades de promo ou d’ailleurs à venir y poster de temps en temps.

Pour tout dire, j’en ai été un peu surpris dans un premier temps. Les semaines que nous avons passé ensemble à travailler sur ce projet de blog puis sur ce blog n’ont pas été un long fleuve tranquille. Sans entrer dans des détails qui ne concernent que le groupe, nous avons connu des affrontements (verbaux), des divergences éditoriales, des prises de bec, voire des coups de colère (je parle de moi, là). Mais au final, quelque chose s’est créé. Un quelque chose qui n’est pas simple à définir.

Ça fait un moment que je considère le blog comme un outil essentiel dans l’arsenal pédagogique pour former les jeunes journalistes (présentation Slideshare), mais je n’avais pas encore vraiment mis le doigt sur l’un de ses aspects disrupteurs pour le système de la formation classique en elle-même. Le blog modifie le format de la formation. Comment ça? L’exercice peut démarrer avec le formateur avant la première rencontre (c’est une demande exprimée par les étudiants lors de la séance de debriefing) et se poursuivre après le terme fixé, le blog continuant de vivre sa vie de blog. On retrouve en quelque sorte le schéma de Jeff Jarvis appliqué à la formation.

L’exercice du blog commence avant même la rencontre avec les étudiants et il se poursuit au-delà. Cela change la position et la posture du formateur qui n’est plus véritablement qu’un passeur. Cela change aussi la position de l’institution qui doit s’adapter à ce nouvel état de fait et se poser de nouvelles questions:

  • Quelle est la nature de ce blog une fois qu’il sort de la période d’encadrement pédagogique initiale?
  • Le rôle du formateur doit-il devenir un rôle d’accompagnateur du projet dans une nouvelle phase?
  • Les étudiants sont-ils seuls maîtres à bord de leur projet?

Je n’ai pas toutes les réponses (très peu même en fait), seulement la conviction que tout le secteur de la formation est à la veille de bouleversements auprès desquels la crise de la presse fera sans doute figure de hors d’œuvre.

Vous en pensez quoi, vous?