Les médias du Cameroun (publics ou privés) doivent faire face à l’évolution rapide des technologies et des usages de leurs audiences et notamment des plus jeunes. Dans ce contexte, qui n’est pas spécifique au pays, ni même au continent africain, les médias traditionnels doivent tenter de se réinventer. Comment faire ? Cette question était au centre d’un séminaire organisé la semaine dernière à Paris par Samsa.fr pour des cadres de la CRTV (radio et télévision publique camerounaise).

Une délégation composée de journalistes et d'informaticiens à la rencontre des professionnels français des médias qui ciblent une audience africaine. (Photo : Mansour Abderrahmane/Samsa.fr)

Une délégation composée de journalistes et d’informaticiens à la rencontre des professionnels français des médias qui ciblent une audience africaine. (Photo : Mansour Abderrahmane/Samsa.fr)

A Yaoundé*, à Douala* ou dans les petites villes du Cameroun, la révolution numérique n’a pas attendu les médias traditionnels. Le téléphone mobile s’est déployé à toute vitesse entraînant dans son sillage l’internet mobile. La preuve ? Près d’un million et demi de Camerounais sont aujourd’hui sur Facebook soit près de 6% de la population du pays. On est loin, certes, des taux de pénétration de la télé ou de la radio, mais le web « pèse » au moins autant que la presse écrite et son expansion est loin d’être terminée.

La délégation camerounaise dans les locaux du Monde Afrique pour discuter de la stratégie de développement adoptée par ce nouveau venu au sein des médias qui ciblent une audience africaine. (Photo : Philippe Couve/Samsa.fr)

Dans ce contexte, l’agilité numérique des utilisateurs dépasse celle des producteurs historiques de contenus. Les internautes passent sans difficulté d’un média à l’autre et d’un contenu (texte, photo, audio, vidéo, infographies, etc) à l’autre. Du côté de la production, il est beaucoup plus compliqué de s’adapter. C’est vrai au Cameroun, comme dans l’ensemble des pays dans lesquels nous intervenons, y compris la France. Pour les médias historiques qui sont de grosses organisations, l’adaptation au contexte de la mutation numérique suppose de relever une quantité incroyable de défis (techniques, éditoriaux, organisationnels, culturels, économiques).

L’ensemble des questions posées par cette mutation était au coeur du séminaire organisé à Paris pour un groupe de cadres de la CRTV. Pendant une semaine, ils ont pu avoir un aperçu des stratégies et des outils mis en oeuvre par les médias internationaux. Des sessions de formation qui ont été complétées par des rencontres avec les acteurs du monde des médias basés à Paris qui sont les plus actifs sur le continent africain.

Visite des nouveaux studios « effets spéciaux » de France Info qui seront utilisés par les journalistes pour créer de nouveaux modules explicatifs. (Philippe Couve/Samsa.fr)

France 24: rencontre avec l’équipe des Observateurs (animation de communauté et vérification journalistique d’informations rapportées par les internautes) et rencontre avec le responsable de l’équipe en charge de la diffusion des contenus de la chaîne sur les réseaux sociaux.

RFI: rencontre avec la direction des nouveaux médias et du site internet de la radio et présentation des défis éditoriaux et organisationnels que doit relever l’équipe en charge de la production destinée aux nouveaux médias dont le téléphone mobile avec dispositif d’alertes SMS dans certains pays du continent africain.

Jeune Afrique: rencontre avec la rédaction web et l’équipe technique du site web. Echanges autour des solutions techniques adoptées par le média pour son site web et ses applis mobiles.

France Télévisions: présentation en avant première du dispositif technique et de l’organisation éditoriale de la nouvelle chaîne d’information du groupe France Télévisions.

Le Monde Afrique: rencontre avec la rédaction et échanges autour de la stratégie de développement mise en oeuvre par ce médias en ligne qui existe depuis seulement 18 mois dans sa version africaine en ligne.

Échange entre la rédaction web de Jeune Afrique et les représentants de la CRTV autour des solutions pour optimiser son site web et ses applications. (Photo : Philippe Couve/Samsa.fr)

Échange entre la rédaction web de Jeune Afrique et les représentants de la CRTV autour des solutions pour optimiser son site web et ses applications. (Photo : Philippe Couve/Samsa.fr)

Au cours de chacune des rencontres, l’équipe de la CRTV a pu échanger en toute liberté avec les professionnels rencontrés. Pas de langue de bois de la part des équipes françaises qui n’ont pas hésité à dire la vérité à leurs homologues camerounais sur les difficultés qu’elles rencontrent dans ce processus toujours renouvelé d’adaptation aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages.

Au terme de ce séminaire, les équipes de la CRTV ont pu identifier les points clefs et les priorités stratégiques en vue du passage à une nouvelle phase du déploiement de la radio et de la télévision publiques sur les médias numériques.

La délégation camerounaise et Philippe Couve dans les locaux du Monde Afrique. (Photo : Philippe Couve/Samsa.fr)

La délégation camerounaise et Philippe Couve dans les locaux du Monde. (Photo : Samsa.fr)


*Au cours de l’année 2015, Samsa.fr a co-organisé deux hackathons spécial médias à Douala (juin 2015 avec CFI) et Yaoundé (octobre 2015 avec l’OIF)

The following two tabs change content below.
Fondateur de Samsa.fr, Philippe Couve est journaliste, consultant spécialiste des stratégies éditoriales pluri-média, formateur et expérimentateur sur le web depuis 1997. Philippe Couve accompagne les organisations dans leur mutation numérique. Il intervient en France, en Europe et en Afrique.

Recevoir nos articles par e-mail

Pour être informé/e automatiquement de toutes les nouvelles actualités et offres de formation et conseil de Samsa.fr

Votre abonnement est bien enregistré. Merci !