Une fois n’est pas coutume, je recommande un contenu présent sur un site payant: il s’agit de la dernière émission d’Arrêt sur images consacrée à la manière dont les blogs modifient la manière dont est perçue la justice.
Dans cette émission, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde et blogueuse, explique que les articles qu’elle publie dans le journal papier sont de plus en plus courts (et rares), ce qui remet en cause la notion même de chronique judiciaire. Des limitations qu’elle n’a pas sur son blog.

Patrick de Saint-Exupéry avait fait le même type de constat dans l’Atelier des médias expliquant que son rôle de grand reporter au Figaro avait perdu de son sens au fur et à mesure du rétricissement de la longueur des articles. Il en a tiré les conséquences en allant créer le magazine XXI qui donne toute sa place et l’espace nécessaire au reportage.

Pascale Robert-Diard a adopté une autre démarche. Elle s’est rendue compte que le blog lui donnait plus de liberté et par conséquent était moins « chiant » et peut-être plus proche de la réalité judiciaire dont elle veut rendre compte.

La journaliste raconte comment elle en est arrivée à intervertir sa production web et sa production papier.

Ecoutez l’extrait sonore (durée 1 min. et 52 sec.)

A titre personnel, j’ai été confronté au même dilemne sans trouver la solution. Dans un média où l’espace est limté (c’est le cas de la radio), j’ai choisi de faire des bonus de mon émission (d’une durée illimitée). A plusieurs reprises, des auditeurs et non des moindres (y compris mon directeur d’antenne) m’ont fait la remarque suivante: « c’était presque plus intéressant dans le bonus que dans l’émission« . Le « presque » étant manifestement destiné à me ménager.

J’essaye de comprendre ce qu’il y a derrière cette réflexion et le témoigange de Pascale Robert-Diard fournit des pistes:
– elle évoque le poids du titre en lettres gothiques (Le Monde) pour expliquer qu’elle sent une forme de pression, de tradition, d’attitude à adopter lorsqu’elle écrit pour le journal papier
– le fait de disposer d’un espace limité oblige également à des arbitrage que la publication sur le web ne rend pas nécessaires
– le ton est différent sur le web puisque l’on sait qu’on s’adresse à une audience plus réduite
– l’absence de tradition fait qu’il existe moins de figures de styles obligées et de conventions d’où une expression plus légère

Et vous, vous avez déjà été confrontés à cette situation? Qu’en pensez-vous?


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