Photo: evymoon via FlickrRetour rapide sur LeWeb3 qui reste un utile thermomètre sur les évolutions du web. Dans la plupart des interventions, il a été question d’UGC (user generated content = contenu produit par les internautes) et surtout de la manière de le « monétiser » pour utiliser le mot qui a la cote dans ce milieu. Et la conclusion générale est que la quantité n’est rien sans la qualité.

L’un des exemples les plus flagrants a été donné par Jason Calacanis (blogueur et créateur de Mahalo, moteur de recherche humain) qui a dénoncé la pollution du web (spam dans les commentaires et les résultats des moteurs de recherche) qui serait en passe de tuer le web. [Voir la vidéo / en anglais]

Conclusion générale: il faut trier le bon grain de l’ivraie de manière à proposer des contenus de qualité qui généreront des revenus publicitaires acceptables.

Au passage, comme j’ai déjà dit tout le mal que je pensais de l’expression « contenu » employée pour désigner tout et n’importe quoi, je n’y reviendrai pas. D’un point de vue éditorial (et pas seulement économique) les mêmes constatations prévalent. C’est la qualité du commentaire, de l’information, de l’analyse qui font la différence; pas le nombre des trolls.

Dans le domaine de l’information justement, cela fait apparaître une notion de seuil à créer pour limiter la participation à ceux qui ont véritablement quelque chose à dire. Ce seuil peut être constitué par une demande d’inscription préalable sur un site avant de pouvoir lacher un commentaire (tournant pris par Rue89, par exemple). D’autres, comme MediaPart envisagent de créer ce seuil par l’abonnement.

Partout, c’est la même logique qui est finalement à l’oeuvre: une restriction de l’anonymat, la mise en jeu d’une réputation (même pour ceux qui utilisent un pseudo, si c’est de manière durable), et finalement une forme de contrôle social limitant les dérapages en tout genre. L’idée est de s’appuyer sur la réputation en ligne que chacun aura à coeur de ne pas souiller par des propos qui pourront le suivre.

Au final, c’est une forme de tri sélectif qui se met en place.

Reste une question essentielle qui se posera une fois que les sites auront choisi (via les dispositifs mis en place) ceux qui vont s’exprimer chez eux. Quel intérêt a un internaute répondant aux critères à contribuer à tel site plutôt qu’à tel autre?

  • parce qu’on le rémunère ? (cela paraît difficile à imaginer sauf dans des cas exceptionnels)
  • parce qu’il y obtient une forme de reconnaissance (c’est le principal ressort, je pense)

Si cette hypothèse est juste, l’internaute « de qualité » dont on cherchera à obtenir la contribution se tournera vers les sites sur lesquels sont déjà rassemblés ceux qu’il considère comme ses pairs. On n’est vraiment pas loin de la notion de réseau social chère à Facebook.

Les Polonais ont déjà franchi le pas puisque les sites de médias travaillent main dans la main avec des sites communautaires (sujet traité dans l’Atelier des médias). En France, on semble loin du compte. C’est pourtant, peut-être, une début de réponse à la question économique.

On fait mine de découvrir aujourd’hui que l’information coûte cher et d’oublier que la presse papier ne proposait pas des reportages en Irak ou au Pakistan sur toutes ses pages. Dans un journal papier, on a toujours trouvé de l’information, du service et du divertissement.

Le service (cours de la bourse, programme télé, pharmacie de garde, etc) et le divertissement (mots croisés, bande dessinée, etc) avaient l’avantage d’être peu coûteux à produire et cela compensait le prix des pages d’info les plus chères dans le prix de vente final du journal.

Aujourd’hui, pour les médias, il existe sans doute dans le communautaire des moyens efficaces de reconquérir du terrain dans le domaine du service et du divertissement, ce qui financerait l’info.

Voilà, c’est ma prédiction tendance 2008.

[Photo: evymoon via Flickr]