Délocalisation: les journalistes prochaines victimes

C’est un court billet de Jeff Mignon qui a attiré mon attention. L’un des meilleurs journaux de la côte ouest des Etats-Unis, le San Francisco Chronicle a décidé de délocaliser la rédaction et l’édition d’un supplément publi-rédactionnel en Inde. L’entreprise qui a réalisé le supplément s’appelle Mindworks Global Media et elle est basée à New Dehli.

Sur son site, la société indienne propose des travaux d’édition, de création de contenu et de design et elle assure que

« un nombre significatif d’articles peuvent être rédigés n’importe où, sans considération de frontières géographiques, si l’on combine une expertise de haut niveau dans le domaine en question avec des compétences journalistiques pour obtenir l’information, l’analyser correctement et la rédiger de manière avenante. La technologie, l’économie, le management et la santé sont des domaines dans lesquels des rédacteurs hautement qualifiés et ayant une expertise peuvent produire des contenus de grande qualité. »

Pour ce qui concerne le travail d’édition, l’entreprise indienne ne manque pas d’arguments non plus

L’efficacité du travail d’édition est l’un des aspects les plus chronophages des taches quotidiennes dans un journal. En transférant ce travail à des équipes qui oeuvrent comme une extension de vos équipes, les journaux peuvent se concentrer encore plus sur leur cœur de métier. Les équipes éditoriales de Mindwork sont équipées pour prendre en charge tout le travail d’édition en temps réel. […] La confidentialité sera assurée tout au long du process.

Beaucoup de remises en question sont à l’ordre du jour pour les journalistes. Je ne pensais pas que le risque des délocalisation était sur la liste. J’avais tort…

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2 commentaires

  1. David Servenay
    Le 7 mars 2007 à 21:52 | Permalien

    Bien vu, Philippe. Il y a environ deux semaines, Courrier International publiait un article d’un confrère italien, pointant l’apparition de ce phénomène de délocalisation des rédactions… en Inde, dans une société basée à Bengalore. L’article soulignait notamment la possibilité, pour les rédacteurs indiens, de traiter les faits divers, grâce aux « progrès » des logiciels de localisation (type Googlearth) qui donnent une idée des lieux où un événement s’est déroulé. Moi non plus, je n’en croyais pas mes yeux. Il va pourtant falloir s’y habituer. Apparemment, certains titres de la presse française (l’article ne précisait pas lesquels) sont déjà clients.

  2. Le 8 mars 2007 à 11:51 | Permalien

    @David,
    Effectivement, je n’avais pas vu cet article de Courrier international qui provient du journal italien Diario della settimana qui est disponible ici dans sa version française. Il est question d’une autre entreprise indienne (Hi-tech export):

    Etudiant un projet de quotidien italien en anglais, Diario a sollicité la société indienne Hi-Tech Export (http://hitechexport.com), qui travaille déjà pour plusieurs journaux européens, “surtout anglais, français et allemands”. En quelques minutes, celle-ci a évalué le projet et fait une proposition, offrant quinze jours d’essai gratuit. Pour la rédaction des articles à partir de dépêches d’agence, il faut compter 35 euros pour 500 mots. Les rédacteurs peuvent travailler à n’importe quelle heure pour remettre leur copie dans les temps. Ils sont “diplômés dans divers domaines scientifiques, ont entre 21 et 29 ans et entre douze et vingt-quatre mois d’expérience journalistique. Ils parlent et écrivent en anglais, en hindi et en mayalam, la langue locale [du Kerala]”, indiquent les responsables de Hi-Tech Export.

    Il est aussi question des étudiants en journalisme de Chisinau (Moldavie), de la délocalisation en Inde des infos financières de Reuters et de plusieurs autres exemples.

    La délocalisation des rédactions est en marche.

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  1. Par Presse: délocaliser pour survivre | Samsa news le 22 octobre 2008 à 17:15

    [...] alors on continue dans les bonnes nouvelles et les perspectives pleines d’espoir. Un ancien billet de ce blog, évoquait la délocalisation possible vers l’Inde d’une partie de l’activité de [...]

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